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Culture et symboles

Les bijoux amazighs

L'argent, les motifs et la question de savoir à qui ils appartiennent

Chez les Amazighs, les bijoux n'étaient que rarement une simple parure : ils étaient protection, patrimoine et renseignement sur celle qui les portait.

Pourquoi l'argent

L'or ne jouait presque aucun rôle. L'argent passait pour pur et protecteur, il était plus abordable, et il pouvait être fondu et refait : ce qui compte pour des bijoux qui servaient aussi de réserve. Beaucoup de pièces anciennes ne sont donc pas conservées : elles ont été transformées quand les moyens manquaient.

Les formes

Des fibules (tizerzai), avec lesquelles les étoffes étaient fermées à l'épaule, souvent par paires et reliées par une chaîne. De lourds bracelets, des anneaux de cheville, des parures de front, des pendants d'oreille qui pendaient au foulard et non à l'oreille, parce qu'ils étaient trop lourds. S'y ajoutent des boîtes à amulettes pour un papier, une herbe, un verset.

Les signes

Losanges, triangles, peignes, yeux, la main à cinq doigts. Les interprétations tournent autour de la même chose : protection contre le mauvais œil, fécondité, eau, frontière. Les mêmes motifs se retrouvent sur les tapis, sur les poteries et dans les tatouages : c'est un langage de formes qui fonctionne par-delà les matériaux.

Ce qu'ils disaient

Une pièce pouvait indiquer de quelle région venait une femme, si elle était mariée, comment allait la famille. Ils se transmettaient de mère en fille. On les portait pour les fêtes, pas au quotidien.

Aujourd'hui

Les pièces anciennes sont chères sur le marché des collectionneurs, souvent sans indication de provenance, et pas rarement vendues par des foyers qui avaient besoin d'argent. Les pièces neuves reprennent les formes, le plus souvent plus légères et pour d'autres acheteurs. Qui achète une telle pièce devrait demander d'où elle vient : ce n'est pas un doigt moral levé, mais la différence entre un objet et une histoire.

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